Home sweet hommes !

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Le lundi 18 octobre 2021 le site de France Info diffuse comme actualité le titre suivant :
« Oser le féminisme attaque Miss France aux Prud’hommes ».
C’est quand même une perle d’humour. Volontaire ou pas, on ne peut sérieusement pas soupçonner les journalistes de France Info de ne pas être féministes, mais comment ne pas entendre que ce titre d’actualité résonne comme un lapsus. Il dit autre chose qu’une information juridique. Il fait entendre qu’au-delà de la juste revendication des droits et de la lutte contre des violences, le féminisme relève fondamentalement d’une « attaque » (vocabulaire guerrier s’il en est) contre le féminin, le sexe et le désir.
Ce n’est pas seulement une guerre des sexes, mais plus radicalement une guerre contre le sexe (étymologiquement la section, la coupure). Autrement dit, une guerre contre l’autre devenu insupportable dans sa différence, ses modes de vie, ses désirs. Là très clairement une guerre contre des femmes qui sont autres et d’autant plus insupportables qu’elles revendiquent leur féminité dans leur désir d’être désirables.
Comment ne pas réaliser que ce qui est annoncé comme un progrès de notre culture alimente en même temps une intolérance à l’autre qui est de plus en plus brutale : l’exigence immédiate de l’éradiquer sans autre forme de procès, au nom de s’en croire victime. Ce point aveugle vient sans doute du fait que si comme cela semble résonner dans ce titre, il s’agit bien là d’un « lapsus calami », c’est alors une guerre insu de la part de ceux qui la mènent, puisqu’ils sont persuadés être pleinement légitimes dans leurs combats. De tout temps dans l’histoire, la position de victime a toujours justifié les plus grandes exactions, les pires horreurs. Le bolchévisme et le nazisme n’en sont que de récents exemples (notons que les mots en « ismes » sont souvent de mauvais augure). Cette intolérance à l’autre s’illustre par le fait que ce mouvement récent dans notre histoire qui s’est très rapidement imposé comme une évidente réponse univoque à l’angoissante question du bien et du mâle, n’est aucunement questionnable. Celui qui viendrait ne serait-ce qu’interroger le dogme est automatiquement considéré comme inentendable, jugé et condamné à disparaitre de la scène sociale. Cet aveuglement barbare des défenseurs de la cause devra sans doute, comme cela n’acessé de se répéter dans l’histoire, attendre de rencontrer son réel pour que cela puisseavoir un effet de réveil. Ce n’est pas que ce mouvement n’ait pas déjà produit son lot dedommages, auprès de femmes, d’hommes, comme d’enfants (ce n’est pas sansconséquences quotidiennes dans les familles), mais tant que l’horreur ne passe pas uncertain seuil c’est comme si chacun était aveugle, ne voulait pas savoir ce qu’il produit,en ne supportant pas que quiconque vienne soulever le voile, dévoiler le leurre de ce Moi tellement idéal, tellement bien, tellement juste dans ses convictions.
Mais sans doute ne suis-je pas assez prude homme !

 (8 novembre 2021)


 

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